Sandra Lamarche
PSYCHOTHÉRAPIE GESTALT et psychorporelle

Le syndrome de Perséphone

De l’enfer à la lumière : Le mythe de Perséphone ou le chemin de la résilience traumatique

Lorsque l’on a vécu des blessures de l’intime, nous traversons, symboliquement et biologiquement, une expérience de mort. Ce fracas touche notre être dans son entièreté et laisse des traces profondes dans notre corps et notre système nerveux.

Dès lors, la vie se conjugue avec une intensité parfois épuisante : une hypervigilance de chaque instant, et cette sensation vertigineuse de passer de la lumière à l’ombre, du sentiment d’être tout, au sentiment de n’être plus rien.

Le mythe de Perséphone nous parle avec une justesse infinie de cette déchirure, de cette dualité, mais aussi du chemin de reconstruction.

L’effroi et la disjonction : L’exil dans les enfers

Le mythe nous raconte l’histoire d’une jeune fille insouciante. En voulant cueillir des narcisses, Perséphone est brutalement kidnappée par Hadès, qui l’entraîne de force dans son royaume souterrain : le monde de l’ombre, du figement et de la terreur.

Cette effraction psychique, c’est le point de départ du trauma.

Comme l’explique le Dr Muriel Salmona, face à une violence ou une blessure intime intolérable, le cerveau subit un stress si violent qu’il doit se protéger pour ne pas mourir d’un arrêt cardiaque. Il déclenche alors un mécanisme de sauvegarde : la dissociation. Le cerveau disjoncte. On se coupe de son corps, de ses émotions. On est emporté dans les enfers de l’anesthésies affective. On survit, mais on ne ressent plus.

Les montagnes russes du système nerveux

Pour apaiser la douleur de cette perte, un compromis est trouvé : Perséphone passera désormais six mois en pleine lumière et six mois dans l’ombre. Elle est condamnée à osciller entre deux polarités.

Cette alternance, c’est le quotidien des personnes traumatisées. Le grand spécialiste Peter Levine a démontré que le trauma reste « emprisonné » dans le corps. Le système nerveux, n’ayant pas pu finaliser sa réponse de défense (fuir ou combattre), reste bloqué. L’adulte vit alors de véritables montagnes russes biologiques :

  • Tantôt dans l’hypervigilance (le mode combat/fuite : anxiété, contrôle, insomnie, tempête émotionnelle).

  • Tantôt dans le figement (le mode repli/ombre : dépression, vide, sentiment de n’être « rien », fatigue chronique).

L’insouciance s’est arrêtée net. À la place, s’est installée la nostalgie du vivant, la solitude, et ce sentiment d’être spectateur de sa propre vie.

Traverser l’ombre pour retrouver son authenticité

Mais le mythe ne s’arrête pas à la soumission. Un jour, Perséphone prend une décision fondamentale : celle d’arrêter de subir et d’aller explorer activement ces mondes souterrains. Elle dépasse la terreur et, au bout du bout de sa traversée… elle découvre un verger extraordinaire. Un lieu de ravissement caché au cœur même de l’enfer.

Le Dr Gabor Maté rappelle souvent que le trauma n’est pas ce qui nous est arrivé, mais ce qui se passe à l’intérieur de nous à la suite de cet événement : la perte de connexion avec soi-même.

Guérir, ce n’est pas effacer le passé, c’est accepter, en sécurité, de descendre dans son corps pour aller libérer les émotions qui y sont restées enfouies. Derrière les mécanismes de défense, derrière la peur, se cache notre essence intacte, notre « verger extraordinaire ».

Riche de ce savoir, Perséphone remonte à la lumière. Sa joie est désormais ancrée, car elle est consciente. Elle connaît le grand mystère : celui de la descente de l’âme dans la chair, celui de la délivrance et de la remontée.

Accompagner la transformation

Le parcours de Perséphone est le témoin de notre capacité de résilience. Notre corps et notre psychisme possèdent cette boussole magique : la capacité de transformer la blessure en sagesse, et le figement en mouvement.

Dans ma pratique de thérapeute, je vous accompagne dans cette descente et cette remontée. Ensemble, en utilisant des outils qui intègrent à la fois le corps (la libération du système nerveux chère à Peter Levine) et la parole (la mise en sens de la mémoire traumatique), nous travaillons à apprivoiser vos ombres pour vous permettre de retrouver pleinement votre lumière.

Vous n’êtes pas condamné(e) à errer dans les enfers de votre passé. La reconnexion est possible.

Sandra Lamarche

Psychopraticienne gestalt & maïeusthésie.
J’ai à cœur d’ouvrir, à travers mes accompagnements, un chemin vers soi… un lieu où comprendre, ressentir, intégrer et se libérer.

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